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Pour une théorie de l'information générale
I Pour une nouvelle logique (séminaire)

 
Présentation
2008-03-21 / 2009-11-19


p.1N’Guo venait de terminer un ouvrage dans lequel il posait les bases d’une nouvelle logique. Il n’était pas encore publié qu’il se remit aussitôt au travail. Il décida cette fois de cultiver systématiquement son imagination. De ne plus se laisser brider par quelque considération académique que ce soit, de sacrifier à telle ou telle mode, et de prendre au sérieux le programme de celui qu’il appelait toujours le Vieux avec affection : Albert Einstein. C’est lui qui nous avait incités à avoir le courage de prendre nos propres pensées au sérieux.
p.2Même si N’Guo se situait délibérément à l’intérieur de la science, il voulait en élargir les bases afin de briser les limites de la pensée imposées par la spécialisation croissante des individus. Il avait écrit son livre dans ce but ; il s’adressait donc à tout le monde. De ce fait, et il le savait, aucun spécialiste ne devrait en être satisfait. Cela devait même être le critère de sa réussite. Dans le nouveau travail qu’il envisageait, il voulait explorer encore d’autres hypothèses. Comme une de ses propositions était que l’évolution de la pensée suivait le même principe que l’évolution des sociétés, l’évolution des espèces, l’évolution des planètes, etc. La production de pensée ne consistait pas à découvrir des vérités sur le monde, mais plutôt à imaginer de nouvelles manières de s’y impliquer. Tout n’était certes pas possible, mais personne ne pouvait dire a priori ce qui l’était ou pas. Seule l’expérience pouvait le dire. Et il avait fini par penser qu’il n’y avait dans le monde que des successions d’expériences. Aussi proposait-il une nouvelle expérience de pensée.
p.3N’Guo s’apprêtait à publier un article pour une revue de philosophie des sciences qui devait exposer sa nouvelle logique. Il avait travaillé dessus pendant plusieurs semaines. Il avait consulté plusieurs amis qui connaissaient déjà assez bien ses travaux, mais ceux-ci ne lui furent pas vraiment d’un grand secours malgré leur bonne volonté. On est toujours seul devant l’écran noir de son ordinateur. Finalement, avant même d’avoir terminé, il fut invité à donner une série de conférences dans une école d’ingénieurs, en France. En fait, cela se présenta plutôt comme de longs séminaires. N’Guo avait donc pris le temps d’exposer ses idées en amenant progressivement ses interlocuteurs à une nouvelle réflexion.
p.4Voici le compte rendu de ce séminaire. J'ai volontairement omis la première partie de celui-ci pour ne pas trop alourdir le texte, mais toutes les questions traitées dans celle-ci seront abordées au cours de la discussion.
p.5N’Guo y parlait surtout des impasses que nous provoquons par l’usage du concept d’information. Il en souligna les paradoxes en passant en revue la plupart des théories actuelles (théorie de l’information, des systèmes, du chaos, de la cybernétique, de la complexité, des fractales, des systèmes dynamiques, des catastrophes) qui ont une parenté avec ce concept. Il insista surtout sur les recherches de Gregory Bateson et montra les écueils épistémologiques auxquels, selon lui, celui-ci se heurtait dans la résolution des problèmes posés par sa très féconde démarche. Il parla aussi longuement de la théorie des types de Bertrand Russell et des fondements mathématiques de la théorie des ensembles. Il se réinterrogeait et nous questionnait sur des problèmes qui étaient considérés pour la plupart d’entre nous comme des acquis définitifs. Et c’est ainsi que, progressivement, il posait les jalons de la nouvelle logique qu’il voulait nous faire saisir. Tout cela demanda beaucoup d’attention. Il nous avait avertis au départ qu’il allait parler de choses qui risquaient de nous surprendre car il allait mettre en relation des phénomènes qui, habituellement, sont considérés comme parfaitement étrangers les uns aux autres. Il demanda donc d’être un peu patient, ensuite il serait très ouvert pour répondre à toutes les questions dans la mesure du temps dont on disposait.

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