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    Chapitre 2    
Aspects organisationnels
2010-11-17 / 2010-12-02


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2.1 Édition, ambition, moyens et logiciel libre

Face à l’informatisation croissante des métiers du livre, qui touche aujourd’hui non seulement la production mais également l’exploitation des publications, chacun se trouve confronté à des besoins nouveaux.
développement “maison” à moindre coût, sans expertise externe
évolution des technologies,
développement de votre ambition.
Vous semblez prendre conscience que l’informatique est au coeur de votre activité et non un outil secondaire. L’informatique gère le workflow métier aussi bien que votre administration ou la vente. Votre ambition croit en parallèle, avec un désir de plateforme multi-services, multi-éditeurs, librairie, distribution, innovation… La seule façon de se mettre à l’abri est de saisir la complexité de l’informatique aujourd’hui et les exigences techniques d’une activité comme la votre.
les outils et technologies sont très complexes, inter-reliés et évoluent extrêmement rapidement
vous ne savez pas quels seront vos besoins ni ceux de vos clients demain
vous êtes totalement dépendants des outils informatiques. L’informatique est aujourd’hui votre métier. L’édition est informatique autant que littéraire, marketing et Cie.

2.2 La complexité des outils et le logiciel libre

Le logiciel libre est aujourd’hui de plus en plus répandu non pas parce qu’il est éthique ou gratuit mais bien parce que personne n’est aujourd’hui capable de créer en interne de tels outils ni même de payer la moindre licence et d’assurer la maintenance pour autant d’outils experts : maintenance et évolution du noyau et de tous les modules en fonction des évolutions des systèmes d’exploitation, matériels de lecture, normes Html, PHP, serveurs, navigateurs, API d’autres applications (Facebook, Tweet et Cie), framework Javascript... Si l’on rajoute à cela nos propres idées d’innovation, que nous ne pouvons prévoir aujourd’hui, à moins de s’appeler Google et d’avoir le nombre d’employés qui va avec, c’est à dire une communauté rémunérée à soi tout seuls, personne ne peut supporter cet effort. Aucune PME. Ni en terme de coût ni en terme de créativité et de qualité technologique.
La particularité des objets informatiques est leur complexité, l’impossibilité de les appréhender entièrement pour une même personne. Chacun n’en maîtrise bien qu’un aspect assez spécialisé. Baser une activité commerciale sur un logiciel ou une technologie quelconque demande de participer à créer sa communauté, plutôt que de chercher à se l’approprier.
Le logiciel libre est de qualité parce qu’il est soutenu par une communauté de développeurs et d’utilisateurs qui en garantit l’excellence et l’évolutivité. Développeurs et utilisateurs mutualisation le coût de fabrication du logiciel dont le coût de l’expertise croisée.Pourquoi les auteurs font-ils relire et corriger leurs textes avant de les publier ? Le code informatique demande également ce regard multiple pour être à minima “correct”. Or l’édition, papier comme électronique, est basée toute entière sur du code dont on espére qu’il est bien plus que “correct”.
Tout le monde profite ainsi d’un logiciel qui n’est pas gratuit mais a été payé par d’autres utilisateurs, d’autres "clients", qui ont payé du développement, fait des dons aux communautés, payé du temps de codeur, reversé des développements internes, etc. Et ces outils doivent continuer de bénéficier de cette communauté de clients et développeurs pour assurer dans le temps l’activité éditoriale, la pérennité des sources, leur exploitabilité, etc.
1.
Un logiciel libre est gratuit parce que justement son prix est incroyablement élevé : ce que coûte en réalité le logiciel est largement au-dessus de ce que peuvent se permettre beaucoup d’entreprises. Il n’y a donc d’autre choix que de bâtir un outil collectif auquel chacun apporte sa petite contribution. Un logiciel libre métier (vente, administration, édition numérique...) ce sont des centaines de développeurs, des millions de commentaires, de retours d’expérience etc. C’est un coût incalculable. La complexité est telle qu’elle ne peut être appréhendée par un petit groupe de dev, aussi géniaux soient-ils. Vous ne pourriez pas développer un tel outil en interne, le manque d’expérience, la complexité, le retour des utilisateurs (clients, dev), est inabordable. Très peu de société en sont capables. Et pourtant en apparence ces applications font un travail très« simple »...
2.
Utiliser un logiciel libre c’est bénéficier dès le départ de 99,9% du travail déjà fait. Mais il manque ce 0,1% qui fait que ça ne peux pas être utilisé selon tel ou tel besoin spécifique : édition scolaire, érudite, scientifique, etc. C’est le propre des structures complexes, elles ne sont pas auto-suffisantes. Ce sont des outils en interaction les uns avec les autres, selon le métier, avec le réseau, avec des développements "maison", etc. Un logiciel auto-suffisant comme Photoshop par exemple, c’est une étape dans le process de fabrication, mais il ne fait pas partie intégrante de la structure. La complexité vient des besoins justement issus de nos désir et besoins d’innovation et de la nécessité d’intégration de modularité dans des systèmes hétéroclites inter-reliés. Or comme il s’agit d’un logiciel libre, ce 0,1% chacun peut le créer. C’est ce 0,1% qu’il faut assumer collectivement, entre entreprises de l’édition.
Ce qu’il faut en retenir :
Vous avez tout intérêt à vous reposer au maximum sur les communautés de vos applications libres… et à reverser au maximum les 0,1% développés par vos soins. Le fait de reverser le travail est aussi un garde fou technique qui pousse à la modularité, aux expertises extérieures. Et évite l’ effet  “tour de Babel”. Le code est testé, documenté, éprouvé, architecturé.Garder en interne et penser que c’est un avantage concurrentiel est contre-productif. De même qu’il est contre-productif de ne pas utiliser, et adapter, les modules développés par les autres. Vous vous garantissez ainsi des coûts de production plus élevés et des risques de code non éprouvé sur des procédures qui peuvent devenir très, très complexes, quand bien même elles ne le seraient pas aujourd’hui (pensez à vos ambitions !). Parce que l’une des propriétés de l’informatique est d’être invisible, caché derrière des interfaces "user friendly". On ne voit, développeurs comme utilisateurs, jamais qu’un élément minime de l’ensemble. Nous n’avons jamais 10 coups d’avance comme Kasparov. C’est impossible, d’autant que l’échiquier change en continu (OS, réseau, terminaux, usages, etc.). Seuls des modèles, des schémas, de ces systèmes peuvent permettre d’envisager le système à un instant t, mais en sachant qu’ils ne sont valables qu’à cet instant. Comme si les départementales d’une carte routière changeaient constamment de trajet (ce qui est effectivement le cas mais à un autre rythme, ).Il faut que vous compreniez cette complexité et cette humilité devant vos outils une fois pour toute, pour assurer vos ambitions et gérer intelligemment votre business.Vous ne pourrez jamais gérer tout cela à vous seul.

2.2.1 L’avantage concurrentiel

Qu’est-ce que l’avantage concurrentiel en informatique ? Avoir un avantage technique c’est maîtriser, avoir un « outil » que la concurrence n’a pas. Le problème c’est qu’en informatique ça bouge tout le temps et très vite. Conserver cet avantage signifie pouvoir le maintenir, le faire évoluer, par rapport à la concurrence. Mais combien ça coûte, en temps, en travail, en expertise ?
Vos concurrents n’avancent pas non plus très vite. Même si certain semblent plus rapide ils vont de tout façon se retrouver coincés à très court terme du fait du coût intenable que va demander la continuité du développement informatique, sa maintenance, sa montée en charge et son évolution dans des pratiques innovantes. Partager ce code, avec vos concurrents proches ou lointains (écoles, universités, industrielles, associations, acteurs étranger…) ce n’est pas se mettre en danger bien au contraire, c’est voir clairement que l’informatique, la complexité invisible derrière, ne peut pas être maintenue par un seul.
Saurez-vous être des pionniers et vous associer dès l’origine à ce projet ? Vous aurez ainsi à offrir à vos clients d’être au centre de toute cette innovation, d’être vraiment en veille, pour qu’ils puissent s’occuper de leurs fonds éditoriaux et vous déléguer l’aspect techno sans se demander si vos services ne vont pas être obsolètes le lendemain. C’est ça votre avantage concurrentiel. D’autres pourront peut-être aussi l’offrir mais vous pouvez être les premiers parce que vous savez que c’est un pas que vous n’êtes pas les seuls à avoir peur de franchir, le pas du Libre…En résumé, la seule façon pour vous d’articuler coûts, ambition, évolutivité et avantage client c’est :
utiliser au maximum du logiciel libre (éprouvé) et des modules agréés par les communautés (300 modules OpenERP, 960 gratuits pour Magento !!),
reverser systématiquement vos développements internes à ces communautés,
modéliser : il faut cartographier le système informatique. Personne sur des systèmes aussi complexes ne peux s’y retrouver sans des cartes, d’autant plus que c’est à vous en partie de dessiner le territoire,
utiliser les outils pour ce pour quoi ils sont fait : Magento : vente, OpenERP : gestion, administration, La Poule ou l’Oeuf : traitement documentaire, worflow métier…,
éviter de centraliser sous prétexte que c’est possible. Ce que Magento est malheureusement en train de devenir dans le schéma que Mathieu et Philippe sont en train d’envisager sous prétexte de “rapidité”. Il faut garder à l’esprit l’adage libriste : “faire une chose et le faire bien” ! Magento est une boutique et ne doit pas faire le travail de l’ERP, de La Poule ou que quelque autre application dédiée. Il faut absolument que Mathieu fasse ce pourquoi Magento existe et assure l’évolutivité de ce service. Point. Idem pour OpenERP, pour La Poule et Cie.
Officialiser votre soutien à un logiciel donné : dons à la communauté, publicité, reversement de code« maison »
reverser au max et le plus rapidement possible tout développement à la forge accessible à tous : seul moyen d’attirer réellement d’autres développeurs "gratuits" (payés par d’autres) dont vous bénéficierez en retour.
faire le maximum de battage autour de votre contribution à ce logiciel pour vous poser en acteurs de l’innovation éditoriale : c’est là que vous montrerez un “avantage concurrentiel”, comme Google, à la pointe de l’innovation.

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